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Dakar impatient de voir baisser les prix de l’immobiler

Le marché de l’immobilier à Dakar devrait connaitre une baisse conséquente après dix ans d’inflation d’après les experts du secteur. Un dégonflement de la bulle spéculative rendrait les loyers plus accessibles

Un « dégonflementDakar impatient de voir baisser les prix de l'immobiler dans Economie 011022010112408000000senegal de la bulle spéculative » est à prévoir à Dakar selon l’économiste Fatou Diané Guèye, du ministère de l’économie.  Les prix d’achat et de location qui ont augmenté en flèche ces dix dernières années devraient baisser car la demande ne suit plus. En témoigne certains quartiers de Dakar où le nombre de logements inoccupés affichant une plaque « à louer » augmente.

 

Dans la proche banlieue de Dakar par exemple, une maison de trois pièces est louée en moyenne 100. 000 FCFA (152 euros) par mois alors que le salaire minimum est d’environ 35. 000 FCFA (53 euros).

 

« Nous avons beaucoup de contentieux au tribunal parce que les locataires ne parviennent pas à payer », témoigne une employée dans une agence immobilière.

 

D’autant plus qu’ »entre 1998 et 1999, un mètre carré nu aux Maristes, un quartier périurbain de Dakar, coûtait 25. 000 FCFA (38 euros). Aujourd’hui, son prix est au moins de 150. 000 FCFA (228 EUR) », affirme le promoteur immobilier Ali Ngouye Ndiaye.

 

Le président du syndicat national des entreprises du bâtiment et des travaux publics (SNBTP), Abdel Kader Ndiaye, assure que l’inflation des années 2000 est due avant tout « à une offre de logement qui n’a jamais répondu à la forte demande » dans la région de Dakar, où vit au moins le cinquième des 12 millions de Sénégalais.

 

La faute à la crise ivoirienne

 

La crise politique qui a frappé la Côte d’Ivoire en 2002 est considérée comme l’une des causes de cette inflation des loyers. En effet, de nombreuses entreprises et des institutions internationales ont transféré leur siège d’Abidjan à Dakar.

 

Cependant, « les gens partis de Côte d’Ivoire ont commencé à rentrer » avec la fin de la crise dans ce pays, ce qui devrait contribuer à faire baisser les prix à Dakar, estime une responsable d’agence immobilière.

 

Mais aujourd’hui encore, la frénésie de construction ne s’est pas arrêtée. Un peu partout, des immeubles d’habitation et de bureaux sont en chantier dans la capitale sénégalaise.

 

Ce boom de l’immobilier se fait « dans la cacophonie. L’Etat ne fait pas respecter la réglementation pour la sécurité, l’architecture, l’équilibre urbain », accuse l’architecte Ousseynou Faye, interrogé par l’AFP.

 

Et dans l’opposition, l’écologiste Ali Haidar dénonce « des occupations sauvages sur le littoral dakarois envahi par des privés grâce à des autorisations frauduleuses ».

 

Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) estimait, dans un rapport publié l’an dernier, que « le boom immobilier et la flambée des prix du loyer indiquent que de plus en plus de capitaux d’origine douteuse circulent au Sénégal ». « La question du blanchiment est devenue de plus en plus importante ces dernières années, avec l’arrivée de plus en plus de capitaux sur le marché », a affirmé le Giaba, sans donner d’exemples précis.

 

Des maisons et des appartements de standing ne trouvent plus preneurs à Dakar. « La situation est très difficile depuis deux ans. La demande en grand standing et moyen standing était initialement supérieure à l’offre, mais ce n’est plus le cas », confie Boubacar Ndour, commercial dans une agence immobilière.

 

« Dans les quartiers résidentiels, des propriétaires qui louaient leurs villas à un ou deux millions (1. 500 à 3. 000 euros) demandent à présent aux agents de baisser les loyers, pour pouvoir trouver preneurs », explique-t-il.

 

« Tôt ou tard, la bulle va se dégonfler et les prix vont baisser, prédit Mme Guèye. Mais on ne sait pas quand ».

Avec AFP

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