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Archive pour octobre 2011

Kadhafi est bien mort par balles, selon le légiste

Lundi 24 octobre 2011

Les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi se précisent. L’ex-dirigeant libyen, capturé et décédé jeudi à Syrte, a été «tué par balles», selon le médecin légiste ayant pratiqué son autopsie. Celui-ci a toutefois refusé dimanche soir de dévoiler davantage d’informations, son rapport n’étant «pas fini».
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«J’ai autopsié Mouammar Kadhafi et Aboubakr Younès Jaber (le ministre de la Défense du régime déchu, ndlr) la nuit dernière, et Mouatassim (le fils de l’ex-«Guide» libyen, ndlr) la nuit d’avant», a déclaré dimanche soir Othman El-Zentani. «C’était une autopsie standard complète, conforme à toutes les normes scientifiques et de l’Union européenne», a-t-il poursuivi. «Leurs blessures nous ont indiqué combien de tirs par balles ils ont reçus. (…) Nous avons des réponses à toutes les questions», dont celle de savoir si Kadhafi est mort lors de combats ou s’il a été exécuté, a-t-il ajouté, assurant que les trois étaient morts par balles.

Les cadavres sont de nouveau exposés dans une chambre froide à Misrata, une ville située à 215 km à l’est de Tripoli, où les Libyens se succèdent par milliers depuis vendredi pour voir le corps du dictateur. Ce dernier doit ensuite être rendu à ses proches, qui décideront du lieu de son inhumation en concertation avec le Conseil national de transition (CNT).

«Rien ne sera caché»
Un peu plus tôt, le numéro deux du CNT, Mahmoud Jibril, avait déclaré que, selon le rapport d’autopsie, l’ancien «Guide» libyen avait succombé après un échange de tirs. «Le médecin légiste affirme dans son rapport qu’il (Kadhafi) était déjà blessé, a été sorti (de la canalisation où il s’était réfugié, ndlr), mis dans un camion, et que sur le chemin vers l’hôpital de campagne, il y a eu un feu croisé des deux côtés, a expliqué le premier ministre libyen. Je ne sais pas si la balle qui l’a frappé à la tête provenait de sa propre sécurité ou des brigades des révolutionnaires». Il n’y a «aucune raison de douter de la crédibilité» de l’examen du médecin légiste, a encore indiqué Mahmoud Jibril. «Ils ont pris des échantillons de son ADN, de son sang, de ses cheveux, des poils du visage… Tout échantillon nécessaire».

Depuis jeudi, la mort du colonel Kadhafi n’a cessé de prêter à controverses. Alors que les nouvelles autorités libyennes martèlent depuis le début la thèse d’un décès intervenu dans un échange de tirs, de nombreuses sources font pour leur part référence à une exécution sommaire. En intervenant dimanche soir, le docteur Othman El-Zentani, chef du service national de médecine légale qui a autopsié Kadhafi, a donc tenté d’empêcher toute conclusion hâtive. Le médecin a indiqué devoir «attendre le feu vert de (son) supérieur», le procureur général Abdelaziz Al-Ahsadi, qui doit intervenir dans les prochains jours, avant de pouvoir donner plus de précisions. Et le médecin d’assurer : «Rien ne sera caché».

La cache de Kadhafi était connue par l’Allemagne
Le site internet du magazine allemand Der Spiegel a par ailleurs rapporté dimanche que les services secrets du pays connaissaient depuis des semaines la cache du colonel Kadhafi à Syrte, grâce à un réseau d’informateurs très bien renseignés. Mais les forces allemandes n’auraient pas transmis les données de localisation précises qui ont mené à l’attaque de l’Otan jeudi dernier. L’Allemagne avait refusé en mars dernier de participer au côté de la France et de la Grande-Bretagne à l’action menée par l’Alliance attlantique pour déloger du pouvoir Kadhafi.

Autre information révélée dimanche : l’ex-«Guide» libyen avait recruté une vingtaine de mercenaires sud-africains pour l’aider à fuir de sa ville natale de Syrte, où il était assiégé, vers le Niger, selon l’hebdomadaire sud-africain Rapport . Lorsque leur convoi a été attaqué, Kadhafi et quelques gardes se sont cachés dans une canalisation proche, a raconté l’un d’eux au journal afrikaans, tandis que d’autres mercenaires fuyaient dans toutes les directions. «Ça a été un massacre horrible, horrible», a-t-il commenté, évoquant un «échec massif» de l’opération face à l’attaque menée par l’Otan. «La pauvre chose criait comme un cochon!», a-t-il poursuivi, en faisant référence aux derniers instants du dictateur. La plupart des mercenaires s’en sont sortis parce que les Libyens ont crié de ne pas tirer sur des étrangers, et les ont même aidés à fuir, a-t-il encore déclaré, évoquant deux morts parmi les mercenaires. Le ministère sud-africain des Affaires étrangères n’a pas voulu commenter ces informations.

Sources le Figaro