Stade Demba Diop : A quand Le re-toilettage ?

 

Stade le plus utilisé du Sénégal, Demba Diop s’étouffe peu. Entre coupure d’électricité et détérioration du gazon, le stade réclame une nouvelle réhabilitation. Une enveloppe de 200 millions avait été annoncée dans le cadre de la réfection de Demab Diop. Cependant jusqu’à présent l’affaire est comme restée sans suite.

M. NDOYE

On joue la Finale de la coupe du Sénégal de football entre le Jaraaf et le Casa. L’heure de jeu est dépassé, le match bat son plein, l’attention des milliers de spectateurs est fixée sur les 22 acteurs. Soudain, le blackout.  Les projecteurs se sont éteints. Une dizaine de minutes plus tard, le match reprend. Cependant cette nuit-là,  la lumière, pour la Der de la saison, tenait à rappeler son état.  Dans la prolongation du match, la rencontre est une nouvelle fois interrompue avant de reprendre.

Face à ce scénario des plus pathétiques, Mbaye Ndiaye (le ministre d’Etat) a tenté une explication mécanique. Interpellé par une presse sportive qui agite de manière perpétuelle le problème, Mbaye Ndiaye dévoile des qualités de professeurs d’électricité qu’il a bien caché « vous savez c’est un problème technique. Vous savez en électricité quand certains instruments sont trop chauffés, ils arrêtent de fonctionner. Même si l’électricité est là, il va exister une absence de réaction pour protéger l’appareil, c’est ce qui s’est passé. Le temps de l’amorçage, c’est-à-dire le temps que les ampoules refroidissent a été court. D’ailleurs je salue  la Sénélec.» explique Mbaye Ndiaye.

Vu sur ce schéma monocausal il raison,  mais le ministre n’était surement pas briefé des difficultés Demba Diop. La lumière est tout un pan de ce stade. L’éclairage est défectueux. Les équipes ne sont jamais à l’abri d’une panne des projecteurs. Le lundi 17 juin lors de la 21e journée du championnat, la partie  entre l’Us Gorée et le Casa a été interrompue. A 12 minutes de la fin alors que les insulaires menaient à la marque (1-0), l’électricité avait joué un sale tour dans la descente aux enfers des Goréens. Obligée de rejouer le match, l’Us Gorée s’incline finalement (0-1) et perd trois points qui auraient sans doute livré une autre tournure dans le destin du club.

La visibilité plutôt nulle dans ce stade n’aide en rien le déroulement de match et la capture d’image des télévisions. Mbagnik Ndiaye, Malick Gackou, Abdoulaye Mactar Diop-d’autres peuvent être cités- tour à tour ministre des sports ont été interpelés sur les besoins du stade. Sauf que tous ont constaté le problème sans apporter la solution

 11 millions demandés par la direction du stade

La ligue de football professionnelle (Lsfp) qui comptait résoudre l’affaire s’est heurtée à un autre problème. L’équipe de Saer Seck a acheté des ampoules d’un montant de cinq millions, mais  la direction du stade demande 11 millions pour procéder à l’installation des projecteurs.  Du coup Saer Seck et son équipe compte « quérir un ingénieur » qui fera « l’état des lieux et « procèdera à la pose des ampoules.»

Toutefois, la lumière n’est pas le seul mal de Demba Diop. L’état de la pelouse est tout aussi inquiétant.  A part les matches de championnat, la pelouse reçoit les combats de lutte, les entrainements de quelques clubs. Elle est outre louée pour arbitrer divers autres matches de football. La saison du foot et de la lutte est terminée. Celle du championnat national populaire est ouverte. Maintenant cette pelouse qui se trouve déjà dans un état piteux va abriter au minimum trois matches quotidiennement durant la durée des navétanes. Cette sur-utilisation est une calamitée pour une pelouse.

Abus excessif de la pelouse

Décriée à raison par les Mauritaniens (éliminatoire Chan), le Stade Malien et le Moghreb Tétouan (compétitions intercontinentales) la pelouse s’est détériorée de manière impressionnante. Le gazon bien que synthétique disparait peu à peu pour laisser place à du sable et d’autres corps intrus. En conséquence la pratique d’un beau football est impossible. Le ballon fuse, rebondit souvent sur l’aire de jeu et rend donc les contrôles difficiles. Si rien n’est fait, la pelouse de Demba Diop sera bientôt une terre battue. D’ailleurs, on peut se demander si la Caf continuera toujours de l’homologuer.

Dans ce décor pittoresque, la laideur des gradins peut suffire à lancer l’opération réhabilitation. La tribune de presse déjà étroite a perdu son peu de confort. Les journalistes sont obligés maintenant de de s’asseoir sur le ciment pour reporter les matches.

Au mois de Mars le ministre des sports avaient annoncé une enveloppe de 600 millions de francs pour la réfection des stades Demba Diop et de Léopold Seghor, dont 400 pour le stade Senghor et 200 pour Demba DIop.  Avec une somme pareille,  le stade situé au cœur de Dakar peut enfin avoir son brin de toilette. Cependant avec la tenue des navétanes qui peuvent durer une éternité, les autorités auront-elles assez de cran pour fermer le stade ?

 

 

 

 

 

 

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